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Le droit d’être protégé

Publié le : mardi 13 septembre 2016

Voir en ligne : http://www.medecinsdumonde.org/actu...

Source : Médecins du Monde France

« Alors que le démantèlement du bidonville de Calais est annoncé « le plus rapidement possible » par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, UNICEF France et UK, MDM France et UK, appellent à garantir de toute urgence la protection des mineurs non accompagnés (MNA) dans le respect du droit international.

NE PAS ROMPRE LE LIEN

« Nous sommes extrêmement préoccupés par le sort de ces enfants isolés. Si l’expulsion du bidonville devait être effective, sans alternative adaptée et sans prendre en compte la nécessité d’assurer la protection de ces enfants seuls, ce serait une catastrophe ! » prévient Jean-Marie Dru, président de l’UNICEF France.

« Les mineurs non accompagnés risquent d’être fragilisés. »

« Les mineurs non accompagnés risquent d’être les plus fragilisés par un démantèlement sans solution alternative. Ils ne sont pas concernés par le dispositif des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) et les dispositifs de protection de l’enfance sont saturés. L’ouverture annoncée d’un centre de 72 places ne pourra répondre au besoin de protection de tous les mineurs non accompagnés présents sur le bidonville. Un démantèlement opéré sans prendre les dispositions nécessaires pour protéger les MNA en amont créera une rupture dans le lien et le suivi entre les intervenants et les personnes réfugiées et migrantes. En témoigne le nombre de MNA qui ont disparu lors du démantèlement de la zone sud du bidonville en mars 2016 », abonde le Docteur Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde France.

DES ENFANTS EN SITUATION PRÉCAIRE

Nos associations demandent depuis plusieurs mois la protection immédiate de tous les mineurs non accompagnés présents sur les camps du nord de la France. Elles rappellent que l’enquête « Ni sains, ni saufs », une enquête sociologique publiée le 16 juin dernier par l’UNICEF France reposant sur des entretiens avec des enfants de 11 à 17 ans, avait mis en lumière la situation précaire et dangereuse de ces enfants. Ainsi, plusieurs initiatives à destination de ce public ont vu le jour ou ont été annoncées depuis cet été. Tout ce travail de terrain risque d’être fragilisé, voire annihilé par une décision prise hâtivement et érigée comme seule solution. Nous renouvelons notre appel pour une protection des MNA, devenu encore plus urgent à la veille d’un démantèlement.

Nos organisations demandent de nouveau aux gouvernements britannique et français de se coordonner pour assurer l’identification des MNA pouvant bénéficier de la réunification familiale. Nous souhaitons également que les dossiers en cours soient traités avant toute opération d’évacuation.

LA NÉCESSITÉ D’UNE ÉVACUATION RÉFLÉCHIE

Nous sommes parfaitement conscients des graves dangers et des conditions de vie indignes auxquels font face les enfants isolés vivant dans la jungle. Mais une expulsion sans solution alternative ne fera que les fragiliser davantage. « Nous recommandons d’évaluer la situation de chaque enfant et de trouver des alternatives avant d’envisager toute expulsion. Sans cette précaution, les enfants devront faire face à des situations encore plus dangereuses que celles qu’ils vivent actuellement dans le camp et seront encore plus exposés aux risques de trafic », plaident de concert les responsables de Médecins du Monde et de l’UNICEF.

Aussi les associations demandent que la circulaire du 26 août 2012 relative à l’évacuation des campements soit appliquée. »