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Le Collectif des Sans papier s’indigne : Non à l’acharnement !

Publié le : jeudi 3 décembre 2015

Voir en ligne : http://www.actu88.fr/le-collectif-d...

Source : http://www.actu88.fr

Auteur : B.BOULAY

« De nombreuses familles de demandeurs d’asile sont découragées. Le Collectif qui les accompagne a un sentiment d’acharnement : « Cette pression sournoise est une forme de maltraitance ». Ils se font la voix de ces réfugiés qui ne peuvent pas crier leur désespoir !

Le Collectif part en guerre contre l’acharnement administratif. D’après eux, même les Syriens n’ont pas tous le même traitement. « On nous parle depuis 3 mois de les accueillir, mais en voici un que le préfet a fait placer en centre de rétention pour le renvoyer en Croatie par où il a transité », dénonce Jean-Louis Didelot, porte parole du Collectif.

3 ans de scolarité, 5 ans sur le territoire, ce n’est pas encore assez !

Le Collectif pointe les aberrations : pas le droit de travailler durant toute la durée de la procédure, et cela peut durer des années ! Malgré la circulaire Valls, 5 ans de présence en France ou 3 ans de scolarisation pour un enfant, ne garantissent pas la délivrance d’une carte de séjour, malgré des signes évidents d’intégration.

Régularisés oui mais pas pour longtemps …

« Des couples ayant fini par obtenir leur titre de séjour, se le voient retirer du jour au lendemain alors même qu’ils commencent à travailler. Un autre a reçu une obligation de quitter le territoire après 6 ans 1/2 en France, juste parce qu’il était encore en hébergement d’urgence ». Des pratiques bien loin des Droits de l’homme …

Traités comme de potentiels terroristes

Et puis il y a les assignations à résidence imposées par la préfecture. L’humiliation d’être traitées comme de potentiels terroristes avec obligation de pointer quotidiennement à la police, sans compter la galère des « mineurs isolés » qui atteignent 18 ans, titulaires d’un contrat « jeune majeur » signé avec le Conseil départemental, mais se retrouvent sommés de quitter le territoire pour des motifs incohérents !

L’angoisse et la honte

« Pour tous, c’est l’angoisse, la crainte d’une arrestation, d’une expulsion, déplorent les accompagnateurs. Ce sont des pères et mères de famille qui ne supportent plus d’être maintenus dans l’oisiveté. Ils expriment leur honte et leur découragement devant une situation qui s’éternise ! Ceux qui le peuvent font du bénévolat ». Ils voudraient tellement sortir de cet enfermement, vivre par eux-mêmes et ne plus être redevables à la société … .

Le coût des dossiers de 50€ à 340€

Sans compter le coût des dossiers de 50 €/pers pour déposer un dossier, à 340 € pour un visa de régularisation (en vue d’une carte de séjour qui parfois ne sera jamais octroyée), 260 € pour la dite carte … qui oblige déjà à s’endetter, puisque ces familles ne sont pas autorisées à travailler. Le maigre pécule qu’on leur accorde n’est pas versé en liquide, mais sous forme de carte Carrefour, Leclerc ou autre. « Comment payer l’école, le bus, quand on n’a même pas de quoi manger ? » interrogent les familles.

Des complications qui leur pourrissent la vie

Sans parler de tout ce qui leur complique la vie comme les retards des dossiers, les pièces non transmises, les recours qui arrivent hors délai, de nombreux transferts, avec des courriers qui ne suivent pas ou qui ne sont pas transmis dans les temps.

Une prison dorée

« Au foyer de la rue de Cendrillon, les gens sont condamnés à vivre en vase clos, dans une « prison dorée », fût-elle certifiée « milieu novateur . Récemment, la direction a décidé d’interdire les parties communes de chaque étage. Les familles doivent-elles être confinées dans leur chambre sans communiquer avec les autres ? ». Pour le Collectif ce sont des conditions indignes !

Que sera demain ?

Sur les divers secteurs du département, les familles avec enfants bénéficiaient jusqu’à présent d’une allocation mensuelle selon la situation familiale. Il semble que celle-ci soit remise en cause, comme en témoignent les courriers adressés aux intéressés. Désormais, il faudra la solliciter au cas par cas. C’est une grande inquiétude qui vient s’ajouter à une situation déjà très insécurisée. Mais où est notre humanité ? »