InfoMIE.net
Centre de Ressources pour les Mineurs Isolés Etrangers

Accueil > Actualités MIE > Débats/Propositions > Communiqué France Terre d’Asile : L’action de France terre d’asile en faveur (...)

Communiqué France Terre d’Asile : L’action de France terre d’asile en faveur des mineurs isolés à Paris en 2014

Publié le : mercredi 4 mars 2015

Voir en ligne : http://www.france-terre-asile.org/c...

Source : http://www.france-terre-asile.org/

Communiqué - L’action de France terre d’asile en faveur des mineurs isolés à Paris en 2014

France terre d’asile, Paris, le 04 mars 2015

La permanence d’accueil et d’orientation des MIE est en charge, depuis septembre 2011, de l’accueil des primo-arrivants se déclarant mineurs et isolés à Paris. Sur délégation de la Direction de l’action sociale, de l’enfance et de la santé (DASES), elle les accueille et mène leur entretien d’évaluation sociale au titre de la minorité et de l’isolement. Elle rend ensuite un avis qu’elle transmet à la DASES.

Du 1er janvier au 31 décembre 2014, ce service a reçu 1077 jeunes se déclarant mineurs et isolés. Parmi eux, 630 ont été orientés vers les services de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) suite à leur entretien d’évaluation (soit 58,49 %).

Sur les 630 pour lesquels un avis de minorité a été transmis, il est à noter que 42% d’entre eux avaient un âge évalué à moins de 16 ans, 40% dans la fourchette des 16-17 ans et 18% plus de 17 ans. Il est à noter que la majorité des jeunes se déclarant mineurs et isolés sont des garçons (93%).

Les principales nationalités accueillies sont malienne, égyptienne, guinéenne, bangladaise.

Parallèlement à cette activité d’évaluation, France terre d’asile anime un espace de mise à l’abri, d’une capacité journalière de 25 places d’urgence hôtelière (portée à 41 durant le plan grand froid), offrant aux jeunes la possibilité de dormir à l’abri, de prendre une douche, de se restaurer, mais aussi de recevoir une information collective sur la demande de protection au titre de la minorité, la demande d’asile, la possibilité d’accès aux soins.

En 2014, au titre de ce dispositif, 844 mineurs ont été pris en charge pour une durée moyenne de 10 jours. Il est à noter que près de 38 % des jeunes reçus au titre de l’urgence sont de nationalité afghane alors qu’ils ne représentent que 7% des chiffres des jeunes reçus à notre service d’évaluation. Ceci s’explique par le fait que pour un certain nombre de ces jeunes afghans la France est un pays de transit vers l’Europe du Nord, et qu’ils ne souhaitent pas s’installer durablement en France.

En outre, un dispositif d’accueil temporaire géré par France terre d’asile reçoit à Paris les jeunes dans l’attente d’une décision de justice statuant définitivement sur leur minorité et leur isolement. En 2014, 286 mineurs ont été accueillis sur les 90 places disponibles, avec une durée moyenne de présence d’environ 5 mois. Les principales nationalités des jeunes accueillis sont malienne, algérienne, marocaine, tunisienne, et bangladaise.

Ces jeunes bénéficient tous d’une mesure de protection temporaire, après évaluation de leur situation au regard de leur minorité et leur isolement. Durant plusieurs mois, les jeunes sont hébergés en hôtel, et accueillis durant la journée dans les locaux de la Maison du jeune réfugié.

Cette mise à l’abri offre aux usagers des conditions de prise en charge dignes et favorables pour comprendre leurs droits, se stabiliser, commencer à apprendre le français. Des ateliers quotidiens permettent aux jeunes de mieux saisir et de mieux s’investir dans leurs démarches. Ces ateliers socio-éducatifs ont pour thème l’asile, la protection des mineurs, l’état civil, la formation et la santé.

Enfin, France terre d’asile gère un établissement de moyen et long séjour pour des mineurs isolés étrangers de 25 places. Dans ce lieu, les jeunes élaborent un projet de vie, d’intégration, et consolident leur projet professionnel. En 2014, 54 jeunes ont été accueillis dans cet établissement, ayant pour principales nationalités malienne, afghane, guinéenne et bangladaise.

Comme on le voit, l’activité de nos services en faveur des mineurs isolés étrangers est très intense, le département de Paris réellement engagé dans la protection de l’enfance et dans son financement. Dans notre esprit, cela ne saurait signifier que des progrès ne puissent être accomplis. Nous renvoyons ici à nos positions traditionnelles dans la nécessité de l’articulation entre les différents acteurs institutionnels ou dans le renoncement au recours aux tests d’âge osseux notamment. Mais une urgence s’impose en cette période : celle de coordonner l’action entre les dispositifs d’hébergement pour mineurs isolés étrangers qui dépendent du département et les dispositifs d’hébergement de droit commun pour adultes isolés étrangers qui dépendent de l’État. Nul ne doit rester à la rue.

Pierre Henry, Directeur général de France terre d’asile