InfoMIE.net
Centre de Ressources pour les Mineurs Isolés Etrangers

Accueil > Actualités MIE > Débats/Propositions > CP FTDA : Mineurs isolés étrangers à Paris : une polémique stérile et (...)

CP FTDA : Mineurs isolés étrangers à Paris : une polémique stérile et déplacée

Publié le : jeudi 26 décembre 2013

Voir en ligne : http://www.france-terre-asile.org/t...

Communiqué de presse FTDA en date du 26 décembre 2013 : Mineurs isolés étrangers à Paris : une polémique stérile et déplacée

"Dans un communiqué en date du 24 décembre 2013, plusieurs associations dont RESF et le GISTI accusent le Service d’aide sociale à l’enfance de Paris et France terre d’asile de mettre à la rue des mineurs isolés étrangers (MIE).

Nous ne pouvons que démentir fermement cette affirmation erronée qui alimente un peu plus la polémique au lieu de s’atteler à la recherche de solutions.

Depuis 2009, grâce à une action déterminée de notre part, l’État et le département de Paris financent un dispositif de mise à l’abri de jeunes isolés, dans l’attente d’une décision du juge des enfants, d’abord hébergés dans les locaux de l’Armée du Salut puis dans un ancien foyer promis à la démolition situé dans le 20ème arrondissement. Dans ce cadre, le dispositif de mise à l’abri Stendhal, géré par France terre d’asile, offre un hébergement temporaire aux jeunes isolés jusqu’à ce que le juge des enfants statue sur leur minorité et que l’administration mette en œuvre ou non la mesure d’assistance éducative qui en découle. Avec des moyens limités et de part sa mission d’urgence auprès d’un public jeune et précaire à l’avenir juridique incertain, il est vrai que ce dispositif est très difficile à piloter. Il aurait été plus facile pour notre association de s’en tenir à un discours de dénonciation mais ce n’est pas la voie que nous avons choisie.

La semaine dernière, six jeunes ont été déclarés majeurs par le juge des enfants. Conformément à la mission de ce dispositif consacré à l’hébergement temporaire de mineurs vulnérables, leur sortie à terme s’imposait. Loin de les « jeter à la rue », la proposition de sortie faite aux jeunes majeurs était accompagnée d’une recherche de solutions.

Ces critiques sont donc surprenantes tout comme le fait qu’elles prennent uniquement pour cible la ville de Paris et France terre d’asile.

La protection des mineurs isolés étrangers est une réalité complexe impliquant de multiples acteurs (juges, parquets, administration, associations…) et nécessitant une répartition équilibrée entre les territoires. C’est une question éminemment politique à laquelle la circulaire Taubira s’est attaquée avec un succès mitigée compte tenu du refus, plus ou moins assumé, de l’appliquer par près de la moitié des départements français. En outre en Ile-de-France, nous ne pouvons que constater que certains départements, comme les Hauts-de-Seine ou les Yvelines, ne prennent pas leur juste part dans cet accueil.

L’approche des élections municipales ne semble pas totalement étrangère à ce regain de polémique à Paris.

Il est vrai qu’une solution simple existe : voir les élus de la capitale décider que Paris se substituera à la cinquantaine de départements refusant d’accueillir les MIE et qu’elle prenne en charge tous les jeunes se déclarant mineurs jusqu’à ce qu’ils atteignent 21 ans, tout en triplant son budget. Ce serait le meilleur des mondes, mais sommes-nous réellement au pays de Candide ?"

Info | Christophe Harrison | Chargé d’information | 01 53 04 39 93 |