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Accès des mineurs isolés étrangers à la scolarisation

Publié le jeudi 24 avril 2014 , mis à jour le lundi 19 septembre 2016

UN ACCÈS À LA SCOLARISATION SANS CONDITION DE NATIONALITÉ

- En reconnaissant un droit à l’éducation à TOUS les enfants, la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant insiste sur la nécessité de permettre le développement des capacités mentales et physiques de l’enfant. Un accès à la scolarisation y est donc, entre autre, reconnu :

- Voir également :

  • Article L 111-1 al 5 du Code de l’éducation prévoit que « le droit à l’éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer sa citoyenneté
  • Circulaire n° 2012-141 en date du 2 octobre 2012 relative à l’organisation de la scolarité des élèves allophones nouvellement arrivés précise que « l’école est un droit pour tous les enfants résidant sur le territoire national quels que soient leur nationalité, leur statut migratoire ou leur parcours antérieur comme le précise le code de l’éducation qui a inscrit dans ses articles L. 111-1, L. 122-1 et L. 131-1 l’obligation d’instruction pour tous les enfants et dans ses articles L. 321-4 et L. 332-4 l’obligation de mettre en place des actions particulières pour l’accueil et la scolarisation des enfants allophones arrivants. »
  • Avis de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme sur la situation des mineurs isolés étrangers présents sur le territoire national du 26 juin 2014 -
    Recommandation n° 18 : « La CNCDH recommande aux pouvoirs publics de mettre fin aux difficultés pratiques
    entravant l’accès des MIE à la scolarité, à une formation ou à un apprentissage. Elle rappelle également que tous
    les MIE doivent se voir garantir un accès effectif aux cursus de formation de droit commun et non simplement à
    une éducation au rabais.
     »

De plus, la circulaire interministérielle du 25 janvier 2016 prévoit que : « En France, chaque enfant et adolescent a droit à l’éducation, quelle que soit sa situation administrative. Pour faciliter la scolarisation et l’accès aux dispositifs de formation de droit commun des mineurs isolés étrangers, le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche rappelle le cadre juridique en matière de scolarisation selon les âges. »

Enfin, le Tribunal administratif de Poitiers a considéré dans une décision en date du 12 juillet 2016 N°1601537 que : « sur le fondement du préambule de la Constitution de 1946 qui se réfère à celui de la Constitution de 1958 et de la CEDH, l’égal accès à l’instruction garanti par ces textes est une liberté fondamentale au sens de l’article L.521-2 du Code de justice administrative. La privation pour un enfant, notamment s’il souffre d’isolement sur le territoire français, de toute possibilité de bénéficier d’une scolarisation ou d’une formation scolaire adaptée est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté fondamentale. Le caractère grave et manifestement illégal d’une telle atteinte s’apprécie en tenant compte de l’âge de l’enfant et des diligences accomplies par l’autorité administrative. La Cour indique que le département de la Vienne, en s’abstenant de travailler avec le jeune toute autre question lié à son hébergement en hôtel, en le maintenant depuis des mois isolé et désœuvré et en refusant de le préinscrire et de l’inscrire dans un établissement scolaire, a méconnu l’obligation posée par l’article L.112-4 du CASF. La Cour a alors enjoint au Président du Conseil départemental de la Vienne de procéder à une pré-inscription ou à l’inscription du mineur isolé étranger. »

Dans son rapport relatif aux droits fondamentaux des étrangers en France du 9 mai 2016, le Défenseur des droits « réitère sa recommandation selon laquelle des mesures doivent être prises par les conseils départementaux afin d’assurer un accès effectif à une scolarité ou à une formation professionnelle, y compris après 16 ans, à tous les mineurs non accompagnés dont ils ont la charge. Ces mineurs doivent en outre être accompagnés, dans leur recherche de scolarisation ou de formation, par les services auxquels ils sont confiés. »

Dans sa décision relative à la situation des mineurs isolés étrangers à Paris du 21 juillet 2016 N°MDE 2016-183, le Défenseur des droits précise que : « de leur scolarisation ou de leur formation qualifiante dépendent leur avenir sur le territoire et leur droit au séjour à la majorité. »
Dans cette même décision, le Défenseur des droits souligne : « l’importance de veiller à la scolarisation des jeunes étrangers y compris entre 16 et 18 ans et après 18 ans, lorsque ces deniers souhaitent poursuivre leur cursus de formation. »

EN CONSÉQUENCE : l’accès à la scolarisation doit être facilité pour les mineurs isolés étrangers.

- L’accès à l’éducation est d’autant plus important pour les mineurs isolés étrangers que le fait de poursuivre une formation est un des critères pris en compte dans le cadre des demandes de régularisation de leur situation administrative à la majorité, ainsi que pour l’octroi d’une éventuelle Aide Provisoire Jeune Majeur.


LA SCOLARISATION OBLIGATOIRE DES MINEURS ISOLÉS ÉTRANGERS DE MOINS DE 16 ANS

- L’article L. 131-1 du Code de l’éducation dispose que « l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans ». La scolarisation des mineurs isolés étrangers est donc une obligation (et non seulement un droit)

La circulaire en date du 25 janvier 2016 a d’ailleurs rappelé cette obligation en son annexe 6 : « Conformément à l’article L. 131-1 du code de l’éducation, tous les enfants âgés de six à seize ans présents sur le territoire national bénéficient d’une instruction, quelle que soit leur nationalité ou leur situation personnelle. »

De plus, la circulaire ajoute que : « La scolarisation des mineurs isolés étrangers âgés de six à seize ans résidant sur le territoire français relève donc du droit commun et de l’obligation scolaire, dans les mêmes conditions que les autres élèves. Il n’appartient pas au Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche de contrôler la régularité de la situation des élèves étrangers au regard des règles régissant leur entrée et leur séjour en France. L’inscription dans un établissement scolaire d’un élève de nationalité étrangère, quel que soit son âge, ne peut être subordonnée à la présentation d’un titre de séjour. Pour les élèves relevant d’une scolarisation dans le premier degré, l’inscription dans l’une des écoles maternelles ou élémentaires de la commune où ils résident relève de la compétence du maire, conformément aux dispositions de l’article L. 131-5 du code de l’éducation. Ainsi, les enfants sont normalement scolarisés dans une école proche de leur résidence même si celle-ci a un caractère provisoire. »

À noter : La scolarisation étant obligatoire avant 16 ans, la détermination de l’âge des mineurs isolés étrangers revêt ici également une importance (Cf. Rubrique Détermination de la minorité)

L’article L131-5 du Code l’Education prévoit que : « l’inscription des élèves, dans les écoles publiques ou privées, se fait sur présentation d’un certificat d’inscription délivré par le maire, qui y indique l’école que l’enfant doit fréquenter. »
Ainsi, il est nécessaire de se procurer un certificat d’inscription auprès du maire avant de procéder à l’inscription de l’enfant dans l’école que l’enfant devra fréquenter désignée par le maire.

Selon lacirculaire n° 2014-088 du 9 juillet 2014 relative au Règlement type départemental des écoles maternelles et élémentaires publiques : « le directeur d’école prononce l’admission sur présentation :
- du certificat d’inscription délivré par le maire de la commune dont dépend l’école. Ce dernier document indique, lorsque la commune dispose de plusieurs écoles, celle que l’enfant fréquentera ;
- d’un document attestant que l’enfant a subi les vaccinations obligatoires pour son âge ou justifie d’une contre-indication en application des dispositions des articles L. 3111-2 et L. 3111-3 du code de la santé publique (certificat du médecin ou photocopie des pages du carnet de santé relatives aux vaccinations, carnet international de vaccinations). »
Cette circulaire précise que : « Faute de la présentation de l’un ou de plusieurs de ces documents, le directeur d’école procède pour les enfants soumis à l’obligation scolaire conformément à l’article L. 131-1-1 du code de l’éducation à une admission provisoire de l’enfant. »

- Recours contre les refus de scolarisation des mineurs isolés étrangers de moins de 16 ans :

  • Si le maire d’une commune refuse d’inscrire un mineur isolé étranger de moins de 16 ans, le préfet doit procéder lui-même à cette inscription en application de l’article 2122-34 du Code Général des Collectivités Territoriales
  • La circulaire en date du 25 janvier 2016 a rappelé ceci en son annexe 6 : « En cas de refus de scolarisation par le maire, le préfet doit procéder lui-même à cette inscription en application de l’article 2122-34 du code général des collectivités territoriales. »
    La circulaire ajoute que : « S’agissant des élèves qui relèvent d’une scolarisation dans le second degré, c’est la direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) du département de résidence du mineur isolé étranger qui est compétente pour décider de l’établissement scolaire d’affectation. »
  • Un recours contentieux devant le Tribunal administratif est également possible en cas de refus d’inscription par l’administration. Parallèlement, un référé suspension (art. L. 521-1 Code de Justice Administrative) peut être présenté. TOUTEFOIS les mineurs ne disposant pas de la capacité juridique, l’exercice de telles procédures judiciaires implique qu’un représentant ait été désigné pour les représenter (tuteur ou administrateur ad hoc)

À noter : S’agissant des référés-suspension en raison d’un refus de scolarisation, le tribunal administratif de Paris a considéré « que les conséquences que peut avoir pour le développement [des] enfants le retard de leur scolarisation sont de nature à établir l’urgence » (TA Paris, référé, 5 oct. 2001).


LA SCOLARISATION DES MINEURS ISOLÉS ÉTRANGERS DE PLUS DE 16 ANS

- L’article L 122-2 du Code de l’éducation prévoit que « tout élève qui, à l’issue de la scolarité obligatoire, n’a pas atteint un niveau de formation reconnu doit pouvoir poursuivre des études afin d’atteindre un tel niveau. L’Etat prévoit les moyens nécessaires, dans l’exercice de ses compétences, à la prolongation de scolarité qui en découle.
Tout mineur non émancipé dispose du droit de poursuivre sa scolarité au-delà de l’âge de seize ans.
 »

Cela a d’ailleurs été rappelé par la circulaire interministérielle du 25 janvier 2016 en son annexe 6. En effet, la circulaire rappelle que : « Les services de l’Education nationale veillent donc à ce que la scolarisation des élèves de seize à dix-huit ans, même s’ils ne sont plus soumis à l’obligation scolaire, puisse être assurée en prenant en compte leur degré de maîtrise de la langue française et leur niveau scolaire ».

  • La Circulaire n° 2012-141 en date du 2 octobre 2012 relative à l’organisation de la scolarité des élèves allophones nouvellement arrivés énonce que « les élèves allophones arrivants âgés de plus de 16 ans, ne relevant pas de l’obligation d’instruction, doivent bénéficier, autant que faire se peut, des structures d’accueil existantes. Un réseau de classes d’accueil en lycée et prioritairement en lycée d’enseignement général et technologique se développe. »
  • La Circulaire n° 2002-063 du 20 mars 2002 prévoit également que « pour les mineurs étrangers de seize ans à dix-huit ans, même s’ils ne sont pas soumis à l’obligation scolaire, il y a lieu de veiller à ce que leur scolarisation puisse être assurée, en prenant en compte naturellement leur degré de maîtrise de la langue française et leur niveau scolaire. »
    Cela a également été rappelé par la circulaire interministérielle du 25 janvier 2016 en son annexe 6.
  • La circulaire interministérielle du 25 janvier 2016 prévoit que dans un tel cadre : « L’accès à une formation professionnelle sous contrat d’apprentissage nécessite une autorisation de travail, pour les apprentis étrangers ressortissants d’un Etat tiers à l’Union européenne et à l’Espace économique européen. »
    Pour plus d’informations concernant la délivrance des autorisations de travail, cliquer ici.

- Plusieurs possibilités existent pour les mineurs isolés étrangers de plus de 16 ans :

  • une scolarisation en classe de troisième, ou de seconde générale si les compétences scolaires du jeune le permettent
  • une orientation directe dans une voie qualifiante, le plus souvent un CAP (certificat d’aptitude professionnelle).
    Les éducateurs confrontés au problème de la scolarisation après 16 ans, envisagent donc parfois, en accord avec le jeune, la possibilité d’une formation professionnelle CFA (centre de formation des apprentis) ou CFP (centre de formation professionnelle) (Cf. Article Accès des mineurs isolés étrangers à la formation professionnelle)

De plus, l’article 16 de la loi relative à la protection de l’enfance du 14 mars 2016 complète l’article L 222-5 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF). En effet, la loi ajoute que : « Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés à l’avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l’année scolaire ou universitaire engagée. »

Enfin, la loi relative à la protection de l’enfance du 14 mars 2016 N°2019-297 insère un nouvel article dans le Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF)
Désormais, l’article L.222-5-1 du CASF prévoit : « qu’un entretien est organisé par le président du conseil départemental avec tout mineur accueilli au titre des 1°, 2° ou 3° de l’article L. 222-5, un an avant sa majorité, pour faire un bilan de son parcours et envisager les conditions de son accompagnement vers l’autonomie.
Dans le cadre du projet pour l’enfant, un projet d’accès à l’autonomie est élaboré par le président du conseil départemental avec le mineur. Il y associe les institutions et organismes concourant à construire une réponse globale adaptée à ses besoins en matière éducative, sociale, de santé, de logement, de formation, d’emploi et de ressources.
L’entretien peut être exceptionnellement renouvelé afin de tenir compte de l’évolution des besoins des jeunes concernés.
 »

ATTENTION : Conseil d’Etat, 23 octobre 1987, n° 66977, Consorts Métrat : Le refus de scolariser un jeune qui n’est plus soumis à l’obligation scolaire doit être motivé par l’administration
Cette obligation est également rappelée par la Circulaire n° 2002-063 du 20 mars 2002.

Information pratique issue du Guide AutonoMIE paru en septembre 2013 - page 45 - disponible ici :


Les tests CASNAV sont officiellement destinés aux jeunes de 6 à 16 ans. Mais certains CASNAV acceptent de recevoir les jeunes après 16 ans. C’est pourquoi, étant donné l’âge d’arrivée d’un grand nombre de MIE, entre 16 et 18 ans, il est important de parler de cette possibilité aux jeunes le plus rapidement possible.
Si le/la jeune a déjà été à l’école dans son pays d’origine et qu’il/elle est arrivé·e après 16 ans, il faut tenter d’argumenter auprès du CASNAV pour qu’il/elle puisse passer les tests.


L’ÉVALUATION DES CONNAISSANCES DES MINEURS ISOLÉS ÉTRANGERS À LEUR ARRIVÉE - Circulaire n° 2002 063 du 20 mars 2002

- L’organisation de l’accueil des enfants migrants, primo-arrivants, par le Ministère de l’Education nationale doit tenir compte d’éléments tels que le fait que beaucoup de ces jeunes sont en rupture scolaire du fait de leur parcours mais aussi que les programmes éducatifs ne sont pas toujours équivalents selon les pays d’origine.

- Les mineurs isolés étrangers doivent bénéficier d’une évaluation CASNAV dès leur arrivée afin de mettre en évidence :

  • leur savoir-faire en langue française et ainsi déterminer s’ils sont débutants complets ou s’ils maîtrisent des éléments du français parlé et écrit,
  • leurs compétences scolaires construites dans leurs langues de scolarisation antérieure et leur degré de familiarité avec l’écrit scolaire,
  • leurs savoirs d’expérience dans différents domaines, ainsi que leurs intérêts, qui peuvent constituer des points d’appui pédagogiques,

Les résultats de ces évaluations permettront d’élaborer les réponses pédagogiques les mieux adaptées au profil de chacun d’entre eux

- Une seconde évaluation devant permettre d’orienter le jeune est effectuée. La structure qui effectue cette seconde évaluation diffère selon le niveau de connaissance de la langue française du jeune :

  • Si les jeunes semblent maîtriser suffisamment le français (jeune francophone), le processus d’évaluation pourra être encadré par un centre d’information et d’orientation (CIO) - structure de l’Education Nationale dédiée à l’accueil et au conseil de tous les élèves.

DONC : Les jeunes francophones sont directement affectés dans les dispositifs "classiques" de l’Education Nationale.

Information pratique issue du Guide AutonoMIE paru en septembre 2013 - page 46 - disponible ici :


Tous les CIO n’ont pas la même connaissance de la situation des jeunes isolé·e·s étranger·e·s, il est donc utile de les y accompagner pour échanger autour de leurs difficultés et informer sur l’importance d’intégrer une formation professionnelle pour elles et eux. Comme pour les tests CASNAV, les affectations dans les lycées seront envoyées aux jeunes par courriers ou délivrées directement sur place.

  • Lorsque le jeune est non-francophone ou ne maîtrise pas suffisamment l’écrit, la question de son évaluation relève du Centre Académique pour la Scolarisation des Nouveaux Arrivants et des Enfants du Voyage (CASNAV).

DONC : les jeunes non francophones sont dirigés vers un dispositif d’orientation dérogatoire prévu pour les enfants ne maîtrisant pas le français.

À noter : Le CASNAV est un service dépendant du rectorat de chaque académie.

Information pratique issue du Guide AutonoMIE paru en septembre 2013 - page 45 - disponible ici :


- RÉSULTATS DU TEST CASNAV
Après une évaluation écrite et orale en français et en mathématiques, qui dure généralement deux à trois heures, une classe sera attribuée au/à la jeune en fonction de son niveau (l’évaluation des niveaux scolaires se fait sur une échelle allant du primaire à la fin du collège). Il/elle recevra ensuite son affectation dans un collège/lycée par courrier, à son adresse personnelle, ou à celle de la structure gardienne ou de l’association accompagnatrice. Si le/la jeune était précédemment scolarisé·e en France, cas plus rare, il/elle doit obtenir l’exeat de son ancien établissement, puis se présenter directement au rectorat pour une nouvelle affectation.

[...]

ATTENTION ! Dans la mesure du possible, il faut donner une adresse où le/la jeune sera certain·e de recevoir son courrier rapidement et sans problème. En effet, certains délais s’appliquent pour répondre à une affectation. Au-delà, la place sera libérée pour un·e autre élève et l’inscription au collège ou lycée ne sera plus possible.


LES DISPOSITIFS SPÉCIFIQUES MIS EN PLACE POUR LES MINEURS ISOLÉS ÉTRANGERS NON-FRANCOPHONES - Circulaire n° 2012-141 en date du 2 octobre 2012

Considérant que la langue française est le premier vecteur d’intégration du jeune à l’école et dans la société, les CASNAV ont pour principal objectif, l’intégration du jeune dans le dispositif scolaire "classique" (école, collège, lycée) même si cela nécessite temporairement des aménagements et des dispositifs particuliers.

La Circulaire n° 2012-141 du 2 octobre 2012 prévoit que l’accompagnement des élèves s’effectue au sein d’établissements scolaires et/ou dans une structure spécifique de scolarisation appelée « unité pédagogique pour élèves allophones arrivants » (ou UPE2A).

A NOTER  : L’UPE2A est une dénomination générique qui s’est substituée à celle de CLIN pour le premier degré et de CLA pour le second degré à la rentrée scolaire 2012.

- Dans le premier degré (école élémentaire) :

Les élèves allophones arrivants sont inscrits obligatoirement dans les classes ordinaires de l’école maternelle ou élémentaires.

A partir du CP, les élèves peuvent être regroupés dans des UPE2A, si elles existent, pour un enseignement de français comme langue de scolarisation, quotidien et pour un temps variable (et révisable dans la durée) en fonction de leurs besoins.

Pour des élèves peu ou non scolarisés antérieurement et arrivant à l’âge de rentrer en CM1, un maintien plus long dans la structure d’accueil (UPE2A), sans dépasser une année supplémentaire, peut être envisagé.

- Dans le second degré (collège et lycée) :

  • Si l’élève a moins de 16 ans

En fonction de sa scolarisation antérieure et des résultats de son évaluation, deux types de dispositifs peuvent être proposés à l’élève : les UPE2A pour les élèves ayant été scolarisés dans leur pays d’origine et les UPE2A pour les élèves non scolarisés antérieurement.

Les élèves scolarisés dans leur pays d’origine sont inscrits dans les classes ordinaires correspondant à leur niveau scolaire sans dépasser un écart d’âge de plus de deux ans avec l’âge de référence correspondant à ces classes.

Ils peuvent bénéficier de l’enseignement proposé en classe ordinaire, a fortiori dans les disciplines où leurs compétences sont avérées (langue vivante, mathématiques, etc.) et d’une prise en charge FLE dans une UPE2A.

Dans les cas où la dispersion des élèves ne permet par leur regroupement en UPE2A, des enseignements spécifiques de français sont mis en place, prenant appui sur les acquisitions des élèves et les contenus de formation dispensés antérieurement.

Les élèves très peu ou pas du toute scolarisés dans leur pays d’origine, ayant l’âge de fréquenter le collège, d’apprendre le français et d’acquérir les connaissances de base correspondant au CM1-CM2, sont inscrits de façon prioritaire dans un collège doté d’une UPE2A à temps plein pour leur permettre d’acquérir la maîtrise du français dans ses usages fondamentaux. Ces élèves pourront intégrer les classes ordinaires lors des cours où la maîtrise du français écrit n’est pas fondamental (EPS, musique, arts plastiques, etc.) et cela pour favoriser leur intégration dans l’établissement scolaire. Ils doivent également pouvoir participer à toutes les activités scolaires.

  • Si l’élève a plus de 16 ans

Les jeunes de plus de 16 ans doivent bénéficier, autant que faire se peut, des structures d’accueil existantes. Des UPE2A LGT en vue d’un parcours en voie générale et technologique et des UPE2A LP en vue d’un parcours en voie professionnelle sont proposées dans certaines académies/départements.

Par ailleurs, dans le cadre de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS, ex-Mission générale d’insertion de l’éducation nationale) les plus de 16 ans qui ont éprouvé des difficultés à suivre une scolarité assidue dans leurs pays d’origine (guerre, habitat éloigné d’une ville, moyens financiers insuffisants forçant certains jeunes à travailler et ce dès le plus jeune âge, situation des jeunes filles, etc.) ont la possibilité de suivre une année de scolarisation en action de remobilisation de français langue seconde (FLE/FLS).

Ce dispositif de la MLDS leur permet de bénéficier d’un apport dans les principales disciplines et en même temps de construire leur parcours professionnel.

Information pratique issue du Guide AutonoMIE paru en septembre 2013 - page 45 - disponible ici :


LES MODALITÉS D’INSCRIPTIONS

L’ouverture d’un dossier au CASNAV nécessite en principe la production d’une liste de pièces exhaustives comprenant entre autres une pièce d’identité, des photos d’identité, un justificatif de domicile et une attestation de vaccination. Les jeunes isolé•e•s étranger•e•s ne disposent pas toujours de toutes ces pièces. En pratique, un accompagnement peut permettre de passer outre la production de certaines pièces en expliquant la situation du/de la jeune au cas par cas.

L’accompagnement doit en principe être effectué par le/la représentant•e légal•e du/de la jeune. En pratique, lorsqu’il n’y a pas de représentant•e légal•e, les accompagnant•e•s de l’organisme gardien ou d’associations sont presque toujours accepté•e•s.

Les CASNAV sont plus ou moins regardants sur la production de toutes ces pièces selon les départements. Il faut donc en discuter directement avec eux et s’ajuster au cas par cas.

Exemple : Les jeunes sont souvent dépourvu•e•s de pièces d’identité. À Paris, l’acte de naissance suffit en général pour pouvoir s’inscrire. Il arrive également que certain•e•s jeunes vivant à la rue ne puissent pas payer des photos d’identité.
Les CASNAV acceptent en principe des exceptions dans ce type de situation d’urgence.


N.B. : Lors d’un voyage scolaire, un mineur quittant momentanément le territoire français peut se voir refuser la réadmission en France à son retour. Pour pallier cet obstacle, un document de circulation pour étranger mineur pourra être délivré à certains mineurs isolés étrangers ou encore la constitution d’un document de voyage collectif pour étranger mineur pourra être utile (cf. Sous-Rubrique Le séjour des mineurs isolés étrangers)


Pour aller plus loin


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Contact :
Aurélie GUITTON, Coordinatrice

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